promos sur la couronne

Publié le par juliettekeating.over-blog.com

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     La mode aime à remettre au goût du jour les tendances d'antan. Un matin, les blousons d'après guerre émergent du fond des placards, les jupons hippies refleurissent en ville pour une saison. Sur les bancs des squares, les grands-mères regardent défiler les silhouettes de leur jeunesse, qu'elles croyaient pour toujours effacées. Dans les discothèques, on se trémousse sur les airs à la papa. La nostalgie fait rêver : ce douloureux désir des années révolues, ce mythe de l'âge d'or englouti. Le goût des temps jadis déverse sur les marchés des avalanches de camelote désuète : les baskets d'une époque, les casquettes d'une autre, les lunettes de Lennon et et le feutre de Bogart.

      C'est ainsi que, dans notre République, l'accessoire en vogue est aujourd'hui la couronne. Réhabilité dans l'affection publique, le royal ornement brille de tous les feux de ses joyaux en toc, et pas seulement à l'Élysée ou sur le jolis minois des Miss. On sacre et resacre à tout va, du premier ministre à l'écrivain primé, de l'international footeux à l'artisan boucher, de l'acteur à gros cachets au meilleur jardinier du département. Et les journaux de proclamer jour après jour le couronnement de tel ou tel quidam décrocheur d'un hochet à sa portée.

    A notre époque si désenchantée, on ne décapite plus les hautesses. Les roitelets et les reinelettes prolifèrent. Il n'y a plus de citoyens mais des majestés individuelles ; la nouvelle égalité, c'est le décorum pour tous. Phénomène qui n'est pas sans entraîner quelques embarras. Quand Monsieur Dupon, sacré roi des tous et des riens, rencontre Madame Martin, sacrée du prix d'excellence, que croyez-vous qu'il arrive? Par respect de l'étiquette, nos deux monarques s'inclinent bien bas. Inévitablement, les couronnes se heurtent dans un cliquetis métallique, les boucles s'accrochent, les fleurs de lys s'emmêlent les feuilles et voilà nos altesses l'une à l'autre agrafées par la tête comme deux cerfs à la saison des amours. Heureusement, ces sacres républicains sont moins durables que les anciennes dynasties et l'on tombe du trône médiatique à peine s'y est-on hissé. Nos déférents princes d'un jour seront bien vite libérés de leur encombrante bimbeloterie. Sacré carnaval.

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Scartapus 11/12/2010 22:40


Et pour peu que les éphémères couronnes laissent place à une jolie paire de cornes... En plus de la grosse tête, çà risque d'être un peu handicapant pour "les ceusses" qu'ont la tête près du bonnet
!

Mais bon, puisqu'on dit que "le ridicule ne tue point"... on le dit ?


juliettekeating.over-blog.com 12/12/2010 18:41



Salut Scartapus,


Le ridicule ne tue pas... je n'en donnerais pas ma tête à couper. Mais nous, on sait rester prudents...


la bise


JK