ôte-moi ce voile que je ne saurais voir

Publié le par juliettekeating.over-blog.com

La loi qui prohibe le voile intégral et interdit de se dissimuler le visage dans l'espace public est entrée en vigeur le 11 avril 2011. La libération de la femme est (presque) en marche...

 marianne   Voilà qu'on ne peut plus porter de cagoule dans les rues sans se faire taxer de mauvais républicain par la grande tribu des visages découverts. Bas les voiles, disent-il. Que tout quidam arpentant l'espace public affiche sa trogne citoyenne, et sans tirer la tronche, c'est la loi. Sinon, c'est la prune, catégorie deux. Pourtant, y'en a plus d'une qu'on aimerait bâcher de ces têtes de nœud, faces de rat et autres gueules d'empeigne des croisades laïques. Un regard à leurs yeux chassieux suffiraient à dévoiler leur ignominie. Mais non, il faut se taper la hure intégrale, c'est républicain. Le menton de fouine, les abajoues roses, le blair enluminé et le front dans le cou : rien ne nous sera épargné.

        Le voisin se fait des cheveux, ce barbichu. Les poils qui bouffent les joues, c'est-y permis par la loi? Limite. Rapport aux barbus pas très républicains qui mugissent dans nos campagnes et viennent jusque dans nos bras planter leur minaret dans nos filles et nos compagnes. Rase-toi la fiole, fais-toi la boule à zéro, voisin, t'auras du boudin. Faut montrer patte blanche et bille de bon français à vue de la volaille.

         Que les visages se découvrent par amour de la République, que les masques enfin tombent en l'honneur de la laïcité! Les ministres intègres à la chasse aux intégristes se foutent à poil avant la saison des plages. Hier c'était les auvergnats pas vraiment issus du corps français traditionnel qui leur posaient problème, aujourd'hui c'est les franco-musulmans, demain les crouilles, comme au bon vieux temps d'avant le terrorisme de la pensée unique, antiraciste et droit de l'hommiste. Faut pas se voiler la face, le brave français gobe pas les faces voilées. Ni la brave française. Qu'on se le dise.

       Car il aime la femme libre, le gaulois. Jamais ne lui viendrait l'idée de dissimuler la sienne, telle une perruche, sous une étoffe : la bobêche de sa bourgeoise émancipée est du domaine public. La républicaine dévoile fièrement son joli minois dans les rayons des supermarchés comme à la sortie de l'école, au square à seize heures trente comme à la laverie.

         Sur les tableaux des musées nationaux, Marianne laisse flotter librement sa chevelure au vent de l'égalité républicaine, la poitrine nourricière offre sa franche générosité à tous les enfants de la patrie. Mais le premier flic de France a rhabillé Marianne : boutonnée jusqu'au col, la prude donzelle a le regard tristounet des libérées sous contrôle. De ses lèvres entrouvertes, glisse le couplet libératoire :

Cache-moi ce sein que je ne saurais voir,

Ôte-moi ce voile car c'est obligatoire,

Les filles, quand vous en aurez vraiment marre,

Rien d'tel qu' un bon coup d'pied aux génitoires!

Commenter cet article

anselme mcevoy 06/05/2011 18:19


tres bon article maman !!!