Le Pélican et le Rat, ou la fable de Karachi

Publié le par juliettekeating.over-blog.com

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D’aucuns affirment que cette « affaire » de Karachi ne serait qu’une fable. Et ils ont raison, comme le prouvent ces vers de mirliton tombés d’un vieux dossier de la DCRI.

 

Le Lion socialiste, malade et fatigué,

Allait laisser le trône et bientôt s’en aller.

Las, il diminuait, et sa succession

Du Loup aux dents longues avivait l’ambition.

D’amis, soutiens, argent, le malin canidé

S’était depuis trente ans le concours assuré.

Mais le goût du pouvoir n’est pas lubie d’un seul.

Dans l’ombre du palais, s’activaient le bégueule

Pélican et son compère le Rat.

« Grand Pélican, couinait le rongeur obséquieux,

Bien mieux que le Loup, vous gouvernerez ces lieux.

Il faut assurément que le lupus se casse,

Pôv’canis, et que vous lui piquiez la place ! »

Très solennel, Pélican acquiesça.

Monseigneur bel oiseau fouilla sa grande poche,

Laquelle, sous son bec, pendait comme sacoche.

Las! elle était vide.

« Comment payer les frais de ma noble campagne

Sans un sou, sans un liard, ni sans même une maille ?»

S'attristait le palmipède candide.

Or, en ces temps heureux, dans la mare lointaine, 

Les grasses grenouilles commerçaient - quelle aubaine!

D'un appui financier elles se firent garantes,

En échange d'un rien, de la modeste vente

De babioles militaires,

De bagatelles de guerre,

Dont les commissions reviendraient, c'est bien juste,

Pour une part à elles, et pour l'autre à l'auguste

Pélican.

Le Rat, fort bien placé, facilita ce rien :

L'on conclut le marché avec les amphibiens.

Hélas! Le Loup prudent remporta l'élection,

Sa colère s’abattit contre les intrigants.

Irascible et vengeur, le Loup subitement

Déclara la fin des grosses rétributions.

Les batraciens avides crièrent au voleur

De leur courroux naquit un tonnerre vengeur.

Quinze Fourmis qui passaient par ici

Reçurent l'éclair, perdirent la vie.

On accusa le commode Fourmilier.

 

Il en est des fables comme de la justice,

N'y croient que les enfants et les esprits naïfs,

Car pour les gens sérieux, ils savent justement

Que les élus du peuple sont toujours innocents.

Publié dans bestiaire féroce

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