l'armée fait game ovaire

Publié le par juliettekeating.over-blog.com

      A l’heure où nos députés unanimes adoptent une proposition de loi contre les violences qui tuent une femme de France tous les trois jours, il pleut des bombes sur les Afghanes. Les bombes des forces dites internationales. Nos bombes.

     Libérer les femmes afghanes de l’oppresseur taliban, telle est l’une des raisons rabâchées depuis huit ans pour justifier la participation française à l’opération américaine de « sécurisation » qui peut s’honorer d’avoir définitivement pacifié deux milliers de civils, lesquels jouissent aujourd’hui d’un repos éternel grâce aux dégâts collatéraux et aux erreurs de frappe. Parmi les envoyés en paradis, nombre de femmes et d’enfants.

       La faute à qui ? Aux talibans. Ces barbares n’hésitent pas à couper les mains des femmes qui portent du vernis à ongle, nous racontait Sarkozy en 2008, légitimant ainsi le renfort de 700 bidasses gaulois au secours des belles mutilées. L’histoire du vernis à ongle, pittoresque mais jamais vérifiée, explique aussi les pertes civiles : de telles barbes bleues n’ont aucun scrupule à utiliser leur moitié comme bouclier humain. Si les talibans avaient les cojones de notre Ministre de l’Identité Nationale, nul doute qu’ils déposeraient leur femme chez la manucure avant d’aller hardiment se planter au milieu du désert pour s’y laisser canarder en toute sécurité par nos valeureux bombardiers. Mais, grâce à Frédéric Lefebvre, la lâcheté du mâle Afghan, taliban ou pas, est dévoilée : les pleutres préfèrent sauver leurs miches en débarquant illégalement en France plutôt que de se faire virilement crever le bide pour leur patrie. Ces métèques ne méritent pas les bombes qu’on leur jette.

        Quant aux Afghanes, elles subissent, en dépit des lois qui les interdisent, des mariages forcés, souvent dès la puberté. D’après un rapport de HRW daté du 6 décembre 2009, on rencontre en Afghanistan des « femmes » de treize ans, mères de trois enfants. La plupart des femmes endurent la violence physique et psychologique d’un environnement régi par les hommes et leurs traditions. Pour la majorité des fillettes, contrairement aux garçons, l’accès à l’éducation s’arrête à l’école primaire. Les quelques femmes qui se lancent héroïquement dans la vie publique affrontent insultes, menaces de mort et sont parfois assassinées.

Pourtant, il n’est pas certain que les bombardements de cérémonies de mariage par les libérateurs coalisés aident les Afghanes à améliorer leur situation. La guerre interminable à laquelle la France participe, dans l’indifférence d’une opinion publique facilement distraite, ne peut que détériorer davantage la condition des femmes en Afghanistan. La cause des femmes afghanes sert honteusement d’alibi pour justifier des actions militaires dont elles sont, comme tous les civils, les victimes : la paix est le premier préalable à une avancée des droits des femmes où qu’elles vivent.

En cette année du centenaire de la Journée de la femme, il est bon de rappeler que féminisme et pacifisme sont étroitement liés. Si des progrès s’accomplissent chez nous, il faut s’en réjouir. Mais pouvons-nous encore demeurer silencieuses ou inaudibles contre les crimes commis sur le sol Afghan en notre nom ?

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