courage à la française

Publié le par juliettekeating.over-blog.com

narcisse

     Voici refleurir les narcisses en jaunes bouquets éclatants dans les mains des vendeurs à la sauvette. Le citadin les aime, ces sauvages liliales courbant mollement leur tige vers les trottoirs où l'apostrophent les marchands sans autorisation. Ces soleils portatifs, fragiles sous le ciel encore gris, il les imagine illuminant les tendres prairies des campagnes françaises où sonne l'apaisant carillon de l'église toute proche. Douce France... On en oublierait presque les vendeurs à la sauvette et leur peau basanée. Cette femme aux mèches brunes, cet homme à l'accent pas d'ici gâchent tout le plaisir de la jonquille printanière. Heureusement, nos vaillants policiers s'approchent d'un pas ferme pour contrôler les identités douteuses des vendeurs exogènes qui, sous des sourires amènes et des bouquets de fleurs, cachent le noir instinct du crime.

      Car l'étranger est partout et, tel le venin du cobra, se répand insidieusement dans les veines de la France pure et l'étouffe de l'intérieur. Il suffit de se lever très tôt pour voir des hordes d'hommes et de femmes venus d'ailleurs, les mains calleuses qu'il aient la peau sombre ou les yeux bridés, envahir les wagons des RER dans la nuit encore épaisse : à huit heures et demi, quand le bon français part au bureau, ils ont disparu. Il suffit de tendre une oreille attentive aux cuisines de la pizzeria du coin pour surprendre la langue ourlée des tamouls invisibles pour le bon père de famille attablé devant sa Regina. Il suffit de suivre au crépuscule le camion des éboueurs pour s'impatienter au cul de deux ou trois métèques impudemment revêtus de gilets fluo.

              Ah! Qu'elle serait parfumée, la narcisse offerte d'une main blanche par une blonde Normande élevée à la crème d'Isigny. Qu'il serait étincelant le béton coulé à la sueur d'un rude Gascon nourri au canard gras; splendides les robes retouchées par de petites mains Bretonne; rutilants les sanitaires astiqués à l'huile de coude pure d'Auvergne; somptueuses les poubelles vidées par le fier Alpin. La France des racines chrétiennes, du terroir et de la glèbe ancestrale!

      Mais les étrangers débarquent sur nos côtes par milliers pour le seul plaisir de se faire exploiter à notre place, de prier dans nos rues et d'encombrer nos prisons et tribunaux : c'est l'invasion, la patrie en danger, la perte de toutes nos valeurs. Ayons la bravoure de remettre les immigrés sur leurs rafiots, l'héroïsme d'expulser leurs enfants, la générosité de ne pas accueillir chez nous ces malheureux musulmans qui ne s'adapteront pas à notre grand et beau pays laïque.

         Racisme, haine de l'autre, chasse au bouc émissaire : le courage à la française ne se démentira pas. Et les narcisses gaulois crèveront fièrement de leur propre contemplation.

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