bonzaï élyséen

Publié le par juliettekeating.over-blog.com

bonsai-style.jpgArticle paru dans Zélium n°8, février-mars 2012


Lors d'un entretien donné au quotidien Le Parisien, Carla Bruni-Sarkozy révèle combien Monmari a encore beaucoup changé. La fonction présidentielle, ça vous transforme un homme, et pas seulement...

Il suffit qu'un A tombe un vendredi 13, et les mauvais esprits subodorent que, pour le second mandat, ça sent vraiment le sapin. Mais ces pronostiqueurs d'un présidentiel gadin vendent peut-être la peau du roquet avant de l'avoir écrasé. Car l'animal possède une arme à lui, une came intime aux effets magiques : c'est l'elfe des salons dorés, la farfadette élyséenne, la première fée de France, qui pêche le votant au filet de voix. Munie de sa guitare et de sa chevelure tentaculaire, Carla est au taquet et soutiendra sans couac la candidature de Monmari. Déjà, une interview fracassante publiée dans les colonnes du Parisien jette le trouble parmi ses détracteurs : Monmari, qui en cinq ans a connu plus de mues qu'un boa constricteur, aurait encore beaucoup changé. Le président est « de plus en plus calme, de plus en plus solide», affirme la divette énamourée, et cela ne l'étonne point : « parce que c'est une fonction qui changerait n'importe qui. Même une pierre, même un arbre.»

Cette pétrifiante révélation, pleine de sagesse, ne laisse pas de bois tant les perspectives qu'elle ouvre à l'électeur désabusé sont nombreuses. Quoi! Au lieu des tronches patibulaires dont on tartine les feuilles politiques de nos pravdas libérales, il nous suffirait d'élire un arbre ou une pierre, et la magie présidentielle ferait le reste? Enfin, les campagnes électorales porteraient bien leur nom et l'on verrait verdoyer sur nos murs le langage fleuri de slogans essentiels : votez pour végétal et vous aurez du bouleau! Avec le caillou y'aura des sous ! Préférez la roche tranquille, car un tremble, ça peut plier!

Les écolos sont des salauds, qui nous avaient caché tout ça.

Et Monmari? Le bouillonnant surélevé, le secoué de l'omoplate, l'agité du bocal, ne serait-il qu'un bonsaï animé? Un galet ordinaire, que le sortilège élyséen aurait taillé en gnome de la République? Car on se demande parfois qui occupe le bureau présidentiel tant son locataire reste insaisissable, glissant de lois inappliquées en réformes inapplicables, sans gagner aucun point de popularité tant il est vrai que pierre qui roule n'amasse pas mousse. L'homme s'agrippe à toutes les branches et fait feu de tout bois, même le plus pourri, mais ne semble pas près de décrocher le cocotier de mai.

La sirène des jardins élyséens aura beau dérouler ses chants bucoliques, on redoute qu'au soir électoral, l'ex-président ne soit pas un chêne qu'on abat, mais rien qu'un gland planté.

 

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