it's a man's world

Publié le par juliettekeating.over-blog.com

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En avoir ou pas ? Telle est la question qui hante l’humanité depuis que l’homme eut l'idée fatale de descendre de son arbre pour se mettre à tailler des pierres dans une savane moins farouche que les antichambres feutrées de nos conseils d’administration. Dès lors, à peine le marmot sapiens pointe-t-il le bout de son nez entre les cuisses maternelles que le cercle de famille lui examine l’entrejambe dans l’espoir d'y découvrir un service trois-pièces flambant neuf. La tribu bouffie d’orgueil célèbre à grand bruit l’avènement du mâle héritier. Le père se rengorge, la mère se pavane : cocorico.

Mais encore ne suffit-il pas de posséder l’organe : il faut le tâter, le soupeser, en apprécier la puissance. Mollesse et modèle réduit sont les défauts rédhibitoires. En la matière, fi des micro-parties honteuses dont les objectifs troubles ne profitent qu’à celui qui les manipule en cachette.

 

Publicité emphatique et hyperboles sont de mises pour vanter les performances de l'engin que les vrais mecs aimeraient poser là, franco, sur la table et sous vos applaudissements.

Pourtant, sous nos latitudes où le raffinement des mœurs interdit l’étui pénien et le climat hivernal encourage à le tenir bien au chaud, il est difficile de se rendre compte du calibre réel du braquemart pudiquement dérobé. C’est ainsi que les guerres surviennent, comme les émeutes urbaines, faute de pouvoir régler les différends de visu, ou par une bonne partie de chat-bites qui mettrait les choses en mains et au clair. L’un prétend qu’il en a de belles et des poilues, l’autre se gausse, le ton monte avec le taux de testostérone et ça finit dans les larmes et les grincements de dents collectifs. D'ailleurs, notre ministre de l’économie, fine connaisseuse des combats de coq éconoco-politiques, où la virilité se lit dans la taille des dividendes et la vigueur des coups bas, en fit récemment le constat désabusé. Et l'on cria au sexisme.

On voit par là combien Brice Hortefeux, qui inventa un dimanche soir le révolutionnaire fichier des empreintes génitales, possède un génie naturel trop souvent dénigré. Oserons-nous pousser l’idée un peu plus loin et suggérer au Ministère de l’Intérieur la délivrance d'une carte d’identité génitale? Tout bon patriote breveté devrait porter sur lui, en toutes circonstances, ladite carte sur laquelle figurerait la photographie, certifiée sans retouche, de l'appareil reproducteur de son détenteur. La vérité éclaterait au grand jour : on verrait bien qui en a et qui n'en a pas, sans mettre le pays à feu et à sang. Le Peuple, qui a le droit d'être informé, saurait enfin qui d’Eric Besson ou de Michèle Alliot-Marie a les plus grosses cojones.

Publié dans rognes féministes

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